Histoire, gestes et transmission d'un miel de châtaignier et de romarin, entre les mêmes collines que l'huile d'olive.
À Trás-os-Montes, les collines qui portent les oliviers accueillent aussi des ruches, nichées parmi le romarin, la bruyère et les châtaigniers. L'apiculture y est une tradition ancienne, portée par un climat rude et une végétation restée sauvage.
La récolte suit son propre rythme, réglé par les floraisons de romarin et de châtaignier plutôt que par un calendrier fixe : le miel est extrait à froid, simplement filtré ou décanté, sans chauffe ni pasteurisation, pour préserver ses arômes et sa texture naturelle.
Une abeille reste fidèle aux fleurs d'une même espèce tant qu'elles sont en fleur : selon la saison, elle butine tantôt le romarin, tantôt la châtaigneraie. Le nectar qu'elle rapporte à la ruche porte la signature de cette fleur : c'est lui qui donne au miel sa couleur et son goût.
Le miel de romarin est clair et délicat, aux arômes fins et floraux. Le miel de châtaignier est plus sombre et plus corsé, avec une pointe d'amertume caractéristique en fin de bouche. Deux miels, deux récoltes, pour un seul terroir.
À la cuillère, pour l'apprécier seul. Dans une tisane ou un thé tiède plutôt que bouillant, pour ne pas en effacer les arômes. Sur une tartine au petit-déjeuner, ou pour adoucir un plateau de fromages, où son amertume légère répond bien à un fromage affiné.
Comme l'huile d'olive, le miel a aussi sa place dans la médecine populaire d'hier, en particulier contre les irritations de la gorge : un usage traditionnel, jamais une allégation de santé actuelle.